11 février 2008
Le retour de la femme-objet ou comment se fondre au décor...
Ils sont fous, ces Japonais... Feuilletant le denier Marie-France, voici ce sur quoi je suis tombée :
La styliste Aya TSUKIOKA a imaginé LA tenue de camouflage par excellence : la jupe-distributeur de boisson ! Une menace potentielle au coin de la rue ? et hop, on dénoue le lien, on relève ses jupes et nous voilà grimée en distributeur de boisson, ni vu ni connu - ou presque...
A côté, Inspecteur Gadget, c'est une série réaliste...
30 décembre 2007
L'affaire de la bûche ratée de Cyril LIGNAC (enfin, de son magazine...)
J'ai hésité quant à l'emplacement où classer ce billet : la logique aurait voulu qu'il soit placé en catégorie "Desserts", le problème, c'est que ledit dessert s'est révélé tellement immangeable qu'il méritait plutôt de figurer en bonne place dans les trucs qui me font râler. D'où mon choix...
Commençons par le début : l'achat du numéro 5 de Cuisine by Lignac. Une couverture festive, un Cyril LIGNAC tout sourire, tout partait bien. Et puis la rubrique relooking. Le principe ? prendre une recette de base, classique de chez classique, et la moderniser. C'est ainsi qu'ils ont relooké la salade de fruits, le melon au jambon ou encore la tarte (la moins convaincante des réalisations à mon avis). Cette fois-ci, l'équipe se proposait de relooker la bûche et d'en proposer une version arty. Finie le pseudo bout de bois, place à la bûche cubiste, "avec ses lignes carrées et ses cubes"...
Et c'est ainsi que je me suis entendue dire à ma mère : "Pour la bûche, pas de souci, je m'en occupe"... Fatale erreur.
D'abord, c'est la liste des ingrédients, qui a de quoi vous donner une attaque : 19 oeufs, 570 g de sucre, 250 g de beurre !
Puis la réalisation de la chose. Imaginez une génoise qui serait réalisée de la manière suivante : "Casser les oeufs et les mélanger avec le sucre, faire chauffer la préparation au bain-marie tout en fouettant activement". Quand la pâte forme un ruban, retirez-la du feu et fouettez au batteur électrique jusqu'à ce qu'elle double de volume." Premier souci : vous pourrez fouetter autant que vous voulez un mélange d'oeufs et de sucre que vous faites chauffer, vous n'obtiendrez jamais de ruban ! Tout au plus un vague filet un peu gluant. Deuxième souci : la taille du moule rectangulaire n'est pas précisée ; donc vous versez votre préparation dans un moule rectangulaire plat et vous obtenez... une pâte d'environ un bon centimètre et demi une fois cuite, c'est-à-dire que pour faire neuf morceaux parfaitement carrés, il faudra vous lever tôt !
Pleine d'allant et toujours propre à m'adapter, je décidai alors non plus de faire des cubes, mais d'empiler les deux génoises en quatre morceaux, soigneusement calibrés par mon époux.
Étape suivante, la préparation de la soi-disant crème au beurre. Et là, encore, je cite : "Mélanger l'eau et le sucre dans une casserole et porter à ébullition. Trempez une fourchette dans le sucre et si en la retirant il commence à y avoir des fils, retirer la casserole du feu. Laisser le sirop refroidir puis versez-le sur les jaunes d'oeufs. Là encore, essayez seulement de laisser refroidir un sirop de sucre qui a commencé à filer et vous obtiendrez quoi ? un début de caramel dur au fond de la casserole !
Je jetai donc le magma et recommençai, m'arrêtant avant le filage pour obtenir quelque chose qui reste suffisamment liquide. "Battez au batteur électrique. Quand le mélange a blanchi, incorporez petit à petit le beurre." (les 250 g, rappelez-vous...). Je vous passe le fait que le sirop de sucre battu avec des jaunes d'oeufs n'a jamais vraiment blanchi et j'en arrive à la finalisation de la recette : le montage.
La fameuse "crème au beurre" avait passé une nuit au réfrigérateur. Pourtant, lorsqu'il fallut s'en servir pour monter la bûche, elle se révéla, sous la fine mousse de cinq millimètres vaguement durcie, complètement liquide ! D'où le dégoulis dans le plat. Du coup, j'ai quand même essayé de finir avec la ganache au chocolat, pour tromper l'ennemi. Ça a marché... jusqu'à ce qu'ils goûtent...
Remarques :
- Dans le genre étouffe-chrétien, c'était parfait.
- Heureusement, Picard était là...
- J'ai décomplexé ceux qui me trouvaient grande cuisinière et bien mérité le livre qui m'a été offert ce Noël :
02 septembre 2007
Rêverie de rentrée
Quel pur travail de fins éclairs consume

Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!

Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,

Le temps scintille et le songe est savoir.
Paul VALERY, "Le Cimetière marin", 1920.
19 juillet 2007
Menu rose, vin rosé et rose aux joues
Décidément, je n'en finirais jamais de m'extasier sur ce blog ! Non content de me permettre de m'épancher sur tout et rien, de rencontrer via les mails plein de gens très sympathiques, voilà qu'il m'incite à boire ! Or, vous me connaissez, il ne faut pas beaucoup me pousser pour m'inciter, dans ce domaine-ci... mais avec modération, bien sûr...
Ça a donc commencé comme ça : baguenaudant sur la Toile, je découvris que les vignerons de Chinon avaient décidé de faire connaître le Chinon rosé. Et que dans cette intention, ils offraient à tous les blogueurs volontaires pour affronter cette rude tâche deux bouteilles du dit Chinon rosé. Je ne tardais pas à me faire connaître afin, moi aussi, de goûter la chose.
Une semaine plus tard, deux bouteilles me parvenaient, celles, joliment rosées, du domaine du Clos-Godeaux de Philippe BROCOURT. Précisons ici quelques petites choses avant d'aller plus avant. J'aime cuisiner, j'aime manger et j'aime qu'un bon vin accompagne ces plaisirs. Cependant, loin de moi l'idée de me prétendre connaisseuse en quelque manière. Le vin pour moi se résume à un ensemble de sensations, plus ou moins agréables, plutôt plus que moins, mais en aucun cas je n'y vois un cérémonial. Chez nous, le connaisseur, c'est plutôt mon mari. D'ailleurs n'a-t-il pas été outré lorsque, il y a quelques temps de ceci, je répondais à un questionnaire sur le vin justement et où j'expliquais que mon meilleur souvenir viniphile était un Sancerre rouge bu en Normandie : "Quoiiii ? un Sancerre rouge ? avec tous les grands crus qu'on a bus ensemble ?" Ben oui, mais moi, c'est ce Sancerre rouge qui m'a marqué, que voulez-vous... Tout ça pour dire que je ne suis qu'une dilettante dans le domaine de l'oenologie.
Alors le rosé... Pour moi ce fut longtemps, question d'éducation, une piquette. Le vin de ceux qui n'y connaissaient rien. J'ai souvenance d'une discussion au restaurant la table à côté de moi qui, après avoir commandé un menu par ma foi assez conséquent, concluait par : "Comme vin ? oh, un rosé, ça va avec tout !"
Et puis j'ai changé d'avis. Reconnaissons que les producteurs de rosés ont contribué à ce changement. Certes il subsiste d'infâmes choses qui vous détruisent les maxillaires, vous ruinent la paroi stomacale ou vous amènent les larmes aux yeux, mais disons que je suis désormais entourée de personnes possédant suffisamment de discernement pour éviter ces inconvénients. Désormais, j'aime le rosé. Je l'aime en apéritif, servi frais mais pas trop, avec des tapas de charcuterie principalement, je l'aime en accompagnement de grillades, avec des andouillettes toutes justes grillées au barbecue, et surtout, avec la paëlla de mon papa. Il est vrai que je bois essentiellement des rosés de Provence et que j'étais tout à fait curieuse d'en découdre avec quelque chose de plus septentrional.
Pour accompagner ce fameux Chinon rosé, j'ai donc choisi de rester dans le rose : terrine de tomates et crevettes grillées
au sel et poivre.
D'abord l'aspect : une jolie couleur, rose pas tout à fait tendre mais lumineux. Notez sur la photo le verre à moitié plein - ou à moitié vide, selon que vous soyiez optimistes ou non - signe que la dégustation a commencé et que oups ! j'ai oublié de prendre une photo ! A sentir - "le nez, voyons !" - eh bien, ça ne sent pas grand-chose. A tourner dans le verre, le vin se révèle un peu gras sur les parois. C'est plutôt bon signe pour ma paroi stomacale...
On goûte. Il est un poil trop frais (la buée sur le verre en est la preuve, mais il faut dire qu'il fait au moins trente chez nous, TOUT condense !) mais très agréable. Le goût de fruits est là, bien sûr, et nous engageons alors, mon
époux et moi, une discussion passionnée pendant laquelle nos enfants auront compris qu'ils peuvent se livrer aux pires bêtises, nous ne le remarquerons pas, trop occupés à reconnaître quels fruits sont emprisonnés dans les verres que nous nous versons - modérément bien sûr. Lui parle de mûre, j'évoque plutôt la grenade, douce et sucrée. Au fur et à mesure de notre échauffement (les crevettes grillées au sel et poivre
y sont pour quelque chose aussi...), le vin se bonifie : désormais, il est à bonne température, juste chambré et nous tombons d'accord : ce n'est pas un de ces rosés qui se boit sans soif, pour le seul plaisir de boire frais, non. Ici, il s'agit d'un vin dans le plein sens du mot, avec un corps qui s'accorde parfaitement avec notre repas. Et c'est vrai qu'il y a des arômes de groseille, "mais alors,pas acide, la groseille, un peu cranberrie, quoi..."
La bouteille est presque vide, il n'en reste qu'un verre, le repas est fini, mes joues sont... rosées. Et là, une remarque de mon cher et tendre : "N'empêche que je suis sûr qu'avec des andouillettes grillées, il irait super bien aussi..." Ça tombe bien, il nous reste une bouteille !
14 juin 2007
Ô rage, ô désespoir, ô...
Hier soir, rentrant chez moi après une - très - longue journée (stage oblige), j'ai trouvé un magazine dans ma boîte aux lettres. "Tiens, me dis-je, un nouveau truc à lire, quelle bonne idée !" C'était avant que je n'ôte la pellicule plastique... une gentille lettre de je ne sais quel organisme financier auquel, vraiment, par le plus grand des hasards j'aurais pu faire affaire une fois il y a des siècles -vous me connaissez, je ne dépense plus un sou ! - m'informait qu'il avait le plaisir de me faire un nouveau mensuel qui ne manquerait certainement pas de me plaire, car il semblait fait pour moi.
En couverture, Jane BIRKIN. Jusqu'ici tout allait bien. Puis le titre, en grosses lettres rouge et jaune : Vivre Plus. Déjà là, j'avoue, j'ai commencé à tiquer. Ça vous avait un côté Notre Temps qui ne me semblait pas tout à fait le mien encore, le genre "le magazine de la retraite heureuse" si vous voyez le genre... Et puis le choc : en petits caractères majuscules cependant, en blanc sur le fond vert (l'espoir) : "La vie s'invente après quarante ans !"
Quoi ??? Qui avait l'outrecuidance de me proposer un magazine pour l'après-quarante ans ? Qui est-ce qui, dans son cerveau, malade certainement, avait pu imaginer - et je dis seulement imaginer - que j'aie plus de quarante ans ???
Le premier choc passé, je me suis attardée sur la couverture : "COUPLE, si différents, si bien ensemble !" Ouais, ouais... "Jane Birkin : "le secret de ma forme, c'est l'enthousiasme", ça, ça marche aussi sur ma fille, qui a sept ans et demi ! "Vous vous remariez : choisissez bien votre contrat", non, le premier fonctionne encore pas mal.
Curieuse par nature, j'ai cependant décidé de poursuivre plus avant mon exploration : "Hormones capricieuses ! les hommes aussi" m'a bien fait glousser. "Sexualité : quand la pudeur revient" m'a fait peur... "Cuisine : vive les verrines" m'a bien évidemment attirée...
Vous l'aurez compris, le premier choc, que dis-je, le premier tremblement de terre passé, je l'ai feuilleté, ce magazine. Tiens, j'en attendrais presque avec impatience celui du mois prochain, le test "Savez-vous déconnecter ?"
la réponse est bien évidemment oui, puisque j'ai réussi à faire abstraction du fait que, si je me rapproche - un jour - des quarante ans, je ne les ai pas et que pourtant, je lis un magazine pour eux ! Mais il manque cependant l'indispensable du magazine digne de ce nom : l'horoscope ! est-ce à dire qu'après quarante on n'a plus d'avenir ???
01 avril 2007
Si Pasteur le dit, alors... - Le vin, suite
Poisson(s) d'avril ?
20 mars 2007
Régal pour les yeux et la bouche : Badiane
Il est des lieux qui donnent envie d'y venir, d'y entrer, d'y rester. La librairie Badiane est un de ces lieux. Lieu que j'ai découvert tout à fait par hasard, feuilletant les pages de mon ELLE hebdomadaire qui désormais offre à ses lectrices un supplément sur l'actualité de leur région, en l'occurence Lyon dans mon cas. C'est ainsi que j'ai appris début février qu'une librairie culinaire venait d'ouvrir à Lyon.
Mon sang n'a fait qu'un tour ! Dans librairie culinaire, il y a librairie et culinaire, autant dire mon essence et mon être ! Il me fallait me rendre sans attendre sur les lieux ! Oui mais voilà : je suis une petite banlieusarde bien occupée par son quotidien (et son blog, diront certaines âmes chagrines) et Lyon, c'est... la Ville, quoi ! Un lieu de perdition pour la serial shopper que je suis, un lieu où je mesure mes apparitions. J'avoue, je ne me suis pas précipitée chez Badiane.
Et puis, la semaine dernière, la baguenaudeuse de la Toile que je suis a découvert qu'un site Internet existait. Mieux : que Badiane pratiquait la vente en ligne. Or depuis quelques semaines, je suis en quête d'un ouvrage aussi beau dehors que dedans : les Carnets de recettes d'une femme du monde, de Laurence TOUITOU. Et que je ne trouve pas. Ou il vient de partir quand j'arrive, ou le délai pour l'obtenir est affreusement long.
J'ai donc pris contact avec Badiane pour m'enquérir de la disponibilté chez eux. Miracle ! Il y était. Et m'attendait. Vous pensez bien que je n'ai pas tergiversé, enfourné tout le monde dans la voiture samedi matin et c'était parti, direction La Ville, Lyon ! Au coeur, même, puisque la librairie se situe 1, place Bellecour.
Crédit photo : Jean-Luc MEJE
J'ai ainsi découvert ce lieu aussi aussi agréable que chaleureux : des couleurs chaudes, de l'espace, une verrière pour des expos, un petit coin réservé aux enfants, et... une cuisine au fond ! Car non contente de nous proposer des livres sur la cuisine, de petits gadgets autour du même thème, des histoires, des expos, Badiane propose aussi des cours de cuisine le jeudi soir, des rencontres autour de thèmes...
Pour ma part, j'y suis donc entrée. J'ai fait la connaissance de Catherine et Marianne. Cette dernière a sorti de sous son
comptoir LE livre que j'attendais, ces fameux Carnets de recettes d'une femme du monde. J'ai flâné dans les rayons, ouvert des livres, mes enfants sont allés se cacher dans le coin qui leur était réservé, bref, ce fut une très agréable matinée !
Vous l'aurez compris : un blog, ça sert aussi à faire partager ses coups de coeur et c'est ainsi que, si vous habitez Lyon et sa région, ou si vous y êtes de passage, je ne peux que vous conseiller une visite chez Badiane, vous ne le regretterez pas !
(Crédit photo noir et blanc : Etienne HEIMERMANN)
23 décembre 2006
Le drame de la blogueuse culinaire au moment de Noël
On ne devrait jamais avoir de blog culinaire. Ou alors, un truc éphémère, qui disparaisse au moment propice, c'est-à-dire quand on a besoin de vous... Tiens, prenez, en ce moment : quelle est à votre avis la question que j'entends le plus souvent ?
"Alooors, toi, tu vas faire quoi d'exceptionnel, pour les fêtes ?" Et attention, pas question de répondre : "Ben, foie gras, dinde, bûche", c'est limite si l'interlocuteur n'a pas un hoquet de recul, ne se signe pas genre "Vade retro Satana !" pour avoir osé proférer de telles banalités. La blogueuse (ou le blogueur, mais il est plus rare) culinaire est condamné à l'excellence. Ou à la feinte. Au bidouillage de mots. Le foie gras deviendra un "délice du Sud-Ouest sur son lit de chutney", la dinde et la bûche se pareront de noms fabuleux aussi : "Délice glougloutant aux fruits de châtaigne" et "Rondin chocolaté"...
De toute façon, chez moi, ce sont mes parents qui s'y collent le 25 Décembre. Ne me reste donc que la responsabilté du Réveillon du 24, lequel doit être "light" en prévision du festin du lendemain. Et comme je ne suis pas égoïste, en cette période de partage, je vous en communique même le menu. Au fil des heures et des jours viendront les recettes...
REVEILLON LIGHT
Huîtres (nature, avec juste un filet de citron et c'est tout)
Crevettes grillées pour ceux qui n'aiment pas les huîtres (y en a)
Rosace de pommes de terre à la truite fumée
Fondue de lotte au curcuma et aux herbes
Fromage
Gelée de litchi à la meringue italienne glacée
11 décembre 2006
Cuisine rouge, coeur rouge ?
En ce lendemain d'annonce de la mort d'Augusto Pinochet, petit rappel de ce que chantait Sting en 1987 :
Why are there women here dancing on their own?
Why is there this sadness in their eyes?
Why are the soldiers here
Their faces fixed like stone?
I can't see what it is that they dispise
They're dancing with the missing
They're dancing with the dead
They dance with the invisible ones
Their anguish is unsaid
They're dancing with their fathers
They're dancing with their sons
They're dancing with their husbands
They dance alone They dance alone
It's the only form of protest they're allowed
I've seen their silent faces scream so loud
If they were to speak these words they'd go missing too
Another woman on a torture table what else can they do
[...]
One day we'll dance on their graves
One day we'll sing our freedom
One day we'll laugh in our joy
And we'll dance
One day we'll dance on their graves
One day we'll sing our freedom
One day we'll laugh in our joy
Hey Mr. Pinochet
You've sown a bitter crop
It's foreign money that supports you
One day the money's going to stop
No wages for your torturers
No budget for your guns
Can you think of your own mother
Dancin' with her invisible son
STING, They Dance Alone, 1987.
Et de ce furent les "années Pinochet" : RAPPEL.
Voir aussi le billet de Brigitte ici.
Donc dansons maintenant !
30 novembre 2006
Fast Food Nation, ou jamais plus vous ne verrez un hamburger du même oeil...
Vous aurez remarqué que je ne m'engage pas définitivement : je ne dis pas "jamais plus vous ne mangerez de hamburger", mais "jamais plus vous ne verrez un hamburger du même oeil"... Pourtant, tout avait bien commencé lorsque je me calai dans mon fauteuil, aux premières images de Fast Food Nation. Des images d'une Amérique profonde mais pimpante, de petits bâtiments en pierre gravilloneuse, des pick up, plein d'images qui me faisaient penser que cela faisait un moment que je n'étais allée y faire un tour.
Et puis on entra dans le vif du sujet : des excréments dans la viande ; des émigrants clandestins venus du Mexique ; des lycéens qui bossent au Mc Do local pour payer leurs études, et toutes ses histoires, qui n'en sont qu'une, qui s'entremêlent sans jamais se fondre.
Je vous livre le synopsis du film : "Don Henderson a un vrai problème. Il est cadre au siège de la chaîne des Mickey's Fast Food Restaurants, et de la viande contaminée a été découverte dans les stocks de steaks surgelés du fameux Big One, le hamburger vedette de la marque. Don doit découvrir comment cela s'est produit.
Trouver la réponse ne va pas être aussi simple qu'il l'avait espéré. Quittant les confortables bureaux de la société en Californie du Sud, il va découvrir les abattoirs et leurs employés immigrés, les élevages surpeuplés et les centres commerciaux de l'Amérique moyenne... Don comprendra que cette " Fast-food nation " est un pays de consommateurs qui se sont fait consommer par une industrie vorace de corps, d'humains et de bien d'autres choses..."
Malgré quelques longueurs, le film est bien mené et déroule le fil cynique des événements sans concession. De petites
perles dans le dialogue ( le personnage de Bruce WILLIS expliquant que "bien sûr il y a de la merde dans la viande, mais c'est pour ça qu'il faut bien la cuire" !), des portraits de personnages attachants et, surtout, une vraie force de conviction.
On en ressort écoeuré (les scènes finales à l'abattoir sont terribles) et décidé à ne plus consommer une viande sous blister. Et déprimé aussi : parce que tout est dit, que rien ne change vraiment et que le monde est plein de pourritures. Bon, en attendant, je vais réceptionner ma commande de Paysans.fr, moi !
Deux sites à consulter :
- celui du film
- celui du festival de Cannes, où il avait été présenté
Le livre d'où a été tiré le film :


















