Ma Cuisine rouge

Ma cuisine : des recettes simples et rapides, parfois plus élaborées, de la cuisine "traditionnelle", mes petits trucs, ceux des autres, mes lectures culinaires...

16 mai 2008

Auprès de moi toujours (K. ISHIGURO)

Roman étrange que ce Auprès de moi toujours de Kazuo ISHIGURO :

Aupr_s_de_moi_toujours

Je n'avais jamais rien lu de cet auteur, m'en étant seulement tenu à la magnifique adaptation cinématographique de ses Vestiges du jour, avec Anthony HOPKINS et Emma THOMPSON. Ici, ce sont deux choses qui ont attiré mon attention : une couverture mystérieuse d'abord, avec ce bras étendu et où cheminent des perles de verre, et la quatrième de couverture.

"Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelles raisons les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes. Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près aujourd'hui : la perte de l'innocence, l'importance de la mémoire, ce qu'une personne est prête à donner, la valeur qu'elle accorde à autrui, la marque qu'elle pourra laisser. Ce roman vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d'humanité, de conscience et d'amour dans l'Angleterre contemporaine. Ce chef-d'œuvre d'anticipation est appelé à devenir le classique de nos vies fragiles. "

Sans doute l'avais-je lu un peu rapidement, je n'avais pas remarqué le "chef d'oeuvre d'anticipation" de la fin, m'en étant tenue à la perte de l'innocence et l'importance de la mémoire. Je suis restée assez perplexe durant une bonne partie du livre, ayant la désagréable impression d'être tenue en lisière de l'histoire : tout était dans le non-dit, le sous-entendu, et je n'y entendais rien !

Et puis, le voile s'est peu à peu déchiré, mes yeux petit à petit se sont dessillés et toute l'histoire a surgi. Et là, j'ai pensé : quel talent ! A travers son roman, Kazuo ISHIGURO nous désoriente et nous fait réfléchir. Il crée à proprement parler une "autre réalité", et cet autre monde, si proche du nôtre, et pourtant si dérangeant ne peut que nous interpeller.

Il est très délicat de parler d'Auprès de moi toujours sans dévoiler le fond de l'histoire, mais il est cependant impossible de la dévoiler car alors tout semblerait plat, et bien loin de la finesse et de la délicatesse de l'écriture de Kazuo ISHIGURO. Je m'en tiendrai donc là : si évoluer dans un univers presque onirique, aux frontières de notre monde, sans toujours bien voir où aller ne vous déplaît pas, alors lisez-le. Sinon... passez votre chemin !

Pour toutes ces raisons, il m'était très difficile de choisir un passage qui puisse en dire un peu sans déchirer le voile. Voici une discussion entre des élèves de l'école, Hailsham, et leur enseignante, Miss Lucy.

Elle prononça enfin :

"On vous en a parlé. Vous êtes des élèves. Vous êtes... spéciaux. Alors vous maintenir en forme, vous maintenir en très bonne santé physique, c'est beaucoup plus important pour chacun de vous que pour moi."

Elle s'arrêta de nouveau et nous regarda d'une étrange façon. Après, quand nous en avons discuté, certains étaient sûrs qu'elle mourait d'envie que quelqu'un demande : "Pourquoi ? Pourquoi est-ce que c'est beaucoup plus grave pour nous ?" Mais personne ne le fit. J'ai souvent pensé à ce jour-là, et je suis certaine maintenant, à la lumière de ce qui s'est passé par la suite, qu'il nous suffisait de demander et que Miss Lucy nous aurait dit toutes sortes de choses. Il aurait simplement fallu poser une question de plus sur le tabac.

Alors pourquoi avons-nous gardé le silence ce jour-là ? Je suppose que c'était parce que même à cet âge - nous avions neuf ou dix ans - nous en savions juste assez pour nous méfier de tout ce territoire. C'est difficile aujourd'hui de se souvenir de l'étendue exacte de ce que nous savions alors. Nous savions certainement - mais pas de manière approfondie - que nous étions différents de nos gardiens, et aussi des gens normaux du dehors ; peut-être même savions-nous que dans un avenir lointain il y avait des dons qui nous attendaient. Mais nous ne savions pas vraiment ce que cela signifiait. Si nous étions désireux d'éviter certains sujets, c'était sans doute plus parce que cela nous embarrassait. Nous détestions la façon dont nos gardiens, d'habitude si maîtres d'eux-même, s'embrouillaient chaque fois que nous approchions de ce territoire. Cela nous troublait de les voir changer de la sorte. je pense que c'est pour cette raison que nous n'avons jamais posé cette question-là, et que nous avons puni Marge K. si cruellement pour avoir évoqué le sujet, après le match de rounders.

Kazuo ISHIGURO, Auprès de moi toujours, 2005.

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14 mai 2008

Je veux un bento !

Que ce soit clair tout de suite : ce message n'a pas d'autre but que de faire pleurer dans les chaumières. Vous tirer les larmes. Vous apitoyer. Vous faire dire que non, ce n'est pas possible de la laisser comme ça...

Alors voilà, je veux un bento ! Ça m'a pris ce week end, en lisant le supplément magazine de l'EXPRESS - oui, je sais, parfois, il m'arrive de lire autre chose que ELLE ou SAVEURS, cela dépend de l'endroit où je me trouve. Et là, c'était l'EXPRESS, et c'était un article sur la folie Bento. Alors un bento, c'est quoi ? C'est adorable ! La version japonaise d'une boîte à pique-nique, ou plus prolétairement la cantine de mon grand-père. Sauf qu'au lieu d'être en métal rétamée, elle est en plastique et pleine de jolies couleurs et de jolies formes. Et dedans, on fait plein de jolies préparations qui attirent autant les yeux que les papilles !

Et, bien, sûr, vous aurez noté que lorsqu'on désire très fortement quelque chose, il disparaît de notre champ de vision immédiat, pire, de notre champ de préhension. Donc aucun bento qui ne se soit présenté sous ma main ce jour. Le drame ! Parce que le taboulé au quinoa que j'ai mangé ce midi, dans un moche Tupperware, vous ne croyiez pas qu'il aurait beaucoup à son aise dans un ravissant bento ?

Donc il s'agit d'un appel éhonté à ceux qui, de près ou de loin, ont à voir avec le Japon : s'ils veulent bien m'en procurer un, je paierai rubis sur l'ongle : mandat, Paypal ou autre (dans la limite d'une proposition décente, bien sûr...).Et comme je ne suis pas égoïste, je vous donne quand même ma recette de taboulé au quinoa. Voici donc le :

TABOULÉ MARIN AU QUINOA

Pour 4, il faut :

  • 4 tasses de graines de quinoa
  • 200 g de petites crevettes décortiquées
  • deux tomates
  • un concombre
  • une cuillère à soupe de tahin
  • une cuillère à soupe d'huile de noix
  • une cuillère à soupe de citron
  • trois cuillères à soupe d'huile de colza
  • une cuillère à soupe de sauce Kikkoman

Cuire la graine de quinoa dans deux fois son volume d'eau, après l'avoir rincée, pendant dix minutes à partir de l'ébullition. Découvrir et laisser refroidir.

Préparer la sauce en mélangeant le tahin, la sauce Kikkoman, le citron et les huiles. Y mettre les crevettes et bien les enrober.

Couper les tomates et le concombre (pelé ou non à votre goût) en petits cubes et les saler.

Dans un saladier, mélanger la graine de quinoa, les cubes de concombre et tomates et la sauce avec les crevettes. Laisser reposer au moins une heure avant de servir.

quinoa_taboul_

Remarques :

  • C'est bon, c'est frais et ça rassasie : parfait pour un repas complet. Ne manquent que le fruit et le laitage...

  • Bon, pour les baguettes, il faudra chercher une autre recette...

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13 mai 2008

Sandwich de printemps

Le mois de Mai a ceci de redoutable: lorsqu'il décide de jouer à l'été, il ne fait pas semblant ! Il suffit alors d'y ajouter une pincée de jours fériés et hop, on se croit en vacances ! Alors à travailler en pointillés, on finit par s'adapter et à faire des repas en pointillés aussi : plus d'assiettes, de table bien mise, c'est l'ère du sandwich qu'on prend assise dans l'herbe, à l'ombre d'un arbre, et tant pis si le nez picote parce que l'allergie a - aussi - fait son retour...

C'est ainsi que je vous propose le sandwich de ces derniers jours, frais et printanier. Voici donc le :

SANDWICH DE PRINTEMPS

Pour un sandwich, il faut :

  • un pain type ciabatta
  • une cuillère à soupe de pesto
  • une tomate
  • une tranche de jambon (ou du blanc de poulet)
  • quelques olives
  • quelques feuilles de salade

Ouvrir le pain et le tartiner de pesto.

Déposer des rondelles de tomate, puis le jambon.

Terminer par les feuilles de salade et les olives.

Filmer et réserver au frais en attendant la dégustation - une heure, c'est le minimum pour que le pesto ait eu le temps d'imbiber le pain et la tomate de couler un peu...

sandwich_pesto

Posté par Patricia_BS à 08:52 - Pains - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Lettres de Lo (C. POUZOL)

C'est sur le blog de Cuné que mon attention a été attirée, que dis-je, titillée par ce drôle de petit livre estampillé "lectures pour ados (lescentes)".

Lettres_de_Lo

Une couverture acidulée, et une plume qui ne l'était pas moins.

"Lo écrit. Quoi ? Des lettres. A qui ? A Marika, Olivier, Maman, à un mystérieux " cher quelqu'un ", et même au président des États-Unis. Quand ? Tous les jours ou presque, entre quatorze et seize ans . Pour parler de quoi ? De son premier amour, des premières règles, de sa meilleure amie, de la naissance de sa petite sœur. Lo aime vivre, même vivre, même les jours où ça fait mal, et surtout les jours où tout va bien ! "

J'avoue que l'extrait lu chez Cuné m'avait bien fait sourire : l'évocation du "petit gnome à cheveux carotte" m'avait plus que réjoui. Comme sa consoeur de ELLE, Alix GIROD DE L'AIN, Camille POUZOL a le sens de la formule et de l'énergie à revendre. Elle s'est glissée avec délectation dans ce costume d'ado, que l'on découvre à son entrée en Seconde et que l'on quitte en Terminale. Entre temps... eh bien, c'est la vie qui a passé et que Lo, l'héroïne, nous a raconté au jour le jour.

Certes ce court roman (159 pages écrit gros, comme je dirai à mes élèves qui couinent "Mais y fait combien de pages ?) ne révolutionnera pas la littérature, mais il permet de passer un bon moment. J'y ai relevé une petite incohérence qui laisse à penser qu'il a été écrit peut-être un peu rapidement néanmoins, le ton alerte et corrosif des toutes ces lettres est tout à fait rafraîchissant. Ainsi celle-ci, écrite depuis la Corse où elle passe quelques vacances en famille...

Au début, c'est bien simple, j'ai pensé simuler une dépression nerveuse pour me faire rapatrier ! Imagine : la Corse, une maison perdue dans la montagne, mes parents qui considèrent qu'une bonne sieste commence vers 15 heures pour se terminer vers 18 heures, Lorraine qui passe ses journées à geindre avec son abruti de "Julien le sourire 49 dents", et Louis, qui a trouvé un vieux pistolet à eau dans le garage. Sans parler du fait qu'il n'y a pas de matelas sur la plage... Et puis, de toute façon, il fait tellement froid que même les autochtones se baignent pas. Bref, un cauchemar. Mais attends ! Pile quand je croyais que cela ne pouvait pas être pire, ma mère décide de tous nous traîner au bal du dimanche du village voisin ! Moyenne d'âge : 123 ans. J'ai mis un jean et un tee shirt blanc, cheveux en queue de cheval, pas même de gloss, genre "je refuse de vivre". [...] Je te jure que j'ai failli en vomir dans les virages du Cap Corse (le petit truc en pointe en haut de l'île où y a RIEN). Bref. Écoute le truc dingue : au bal, y avait un orchestre, et dans l'orchestre, y avait une batterie, et à la batterie, y avait un garçon. Un mélange entre Leonardo Di Caprio et un cheval au galop. Je te jure. J'aurais dansé sur la chenille qui redémarre. J'ai lâché mes cheveux. Et alors, pile quand je croyais que cela ne pouvait pas être mieux : des slows. Le seul endroit au monde où il existe encore des slows. Et là, il se lève, pose ses baguettes, va droit sur moi et m'invite !!! Non, non, non. Mieux, il demande à mon père s'il peut m'inviter à danser ! Trop d'Artagnan, non ? Il s'appelle Fabrizio, blond, yeux verts, bronzé, il a 17 ans, sa soeur Héléna a pile notre âge. Ils habitent le village, je sais c'est dingue, mais des jeunes vivent là toute l'année, c'est possible. Ils vont au collège à Bastia. Il a un scooter, un âne apprivoisé et il est en terminale. Depuis ce bal, c'est l'extase ! Je pense me faire naturaliser corse. On s'est embrassé le lendemain dans un champ... Il vient me chercher tous les matins, on rejoint sa soeur et toute une bande sur notre crique (celle où il y a une vache). Il me tient toujours la main, il m'adore en jean et plaît vachement à mes parents : tu penses, il déteste les boîtes de nuit (peut-être parce qu'il n'y en a pas à moins de 124 kilomètres), alors le soir, il écoute I Muvrini avec papa, sur la terrasse. Il veut devenir agrophysicien ou berger, il déteste Beyoncé (il dit "trop vulgaire", c'est pas le rêve ?), et demain, on va faire une marche dans la montagne jusqu'à une cascade. Je passe les meilleures vacances de ma vie, j'en oublié même de bronzer.

Camille POUZOL, Lettres de Lo, 2005.

Posté par Patricia_BS à 08:16 - Ma Bibliothèque... rouge elle aussi ! - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

Les darioles au chocolat coulant

Attention, cette recette est à réserver à ceux qui aiment le chocolat, le vrai, le noir, le corsé ! Et qui ne craignent pas de se salir le menton en dégustant leur gâteau, ou de slurper leur cuillère... Pas de baratin, je vous livre la recette, brut de brut ! Voici donc les :

DARIOLES AU CHOCOLAT COULANT

Pour 6, il faut :

  • 100 g de chocolat noir
  • 100 g de beurre
  • 4 oeufs
  • 100 g de sucre
  • 50 g de farine

Faire fondre le chocolat et y incorporer le beurre coupé en petits morceaux. Laisser refroidir.

Casser les oeufs et les battre avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse - ou s'unifie si, comme moi, vous avez utilisé du sucre roux non raffiné... - puis incorporer progressivement la farine.

Ajouter le chocolat fondu et verser dans de petits moules beurrés. Réserver au réfrigérateur.

Préchauffer le four à 200° et faire cuire les darioles entre dix minutes, selon que vous préférez le chocolat coulant ou mollet.

dariole

Remarques :

  • Attention au démoulage, les parois du gâteau peuvent être très fines...
  • Vous pouvez "customiser" la recette : ajouter de la vanille ou de l'extrait de café, varier les sucre, ou encore remplacer une partie du beurre par de la purée d'amande...

Posté par Patricia_BS à 13:52 - Desserts - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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